[...] Et quand les gestes accompagnent ses mots, c'est tout un sketch
 qu'elle t'apporte sur un plateau d'argent. Bousilles-lui les tympans 
de ta voix douce, brûles-lui les mains sur ton corps et joues avec ses 
cheveux, à défaults de n'pas pouvoir jouer à autre chose, encore. 
C'est sous ses longs cils que tout se passent, tout l'amour dans ses 
yeux brillant de détermination. Tu vas y passer maintenant. 
Elle n'a rien défaits, c'est toi qui fait tout, toi qui introduis cette 
longue danse qui se rythme seulement à deux. Elle suit et elle est 
douée pour ne pas s'emmeller les pieds en cours de route. 
On ferme les yeux, car dans cette pièce il fait presque jour pour nous, 
malgré la lumière tamisée. Les yeux n'ont plus besoin de voir, 
c'est notre coeur qui voit et nos corps qui se regardent. Les sens 
perdent leur sens lors des histoires inconsciente. Ils changent 
de rôle, n'en forment plus qu'un seul. Tout droit relié à nos désirs. 
Une sorte de télépathie. Nos yeux s'ouvrent pleins d'eau seulement 
pour se regarder, pour se comprendre. Ils en disent beaucoup, 
beaucoup de "je sais pas ce qui se passe, j'aimerai y réfléchir mais
 j'peux pas là, le plus important c'est toi, pour le moment". Oui. 
Le cerveau est mort. Il comprend pas pourquoi les autres organes 
ne lui obéissent pas. On s'en fout après tout. L'heure n'est pas aux 
regrets, il est aux betises. Et quand l'heure est passée, t'as droit 
au jugement dernier. Celui qui te fera croire et qui te fera promettre 
que, la prochaine fois, tu ne brulera point.

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